Ma fille, Mon monde s’est transformé lorsque tu es arrivée.
Posté le 27/09/2026
Ma fille,
Mon monde s’est transformé lorsque tu es arrivée.
Pas le jour de ta naissance. Bien avant.
Je m’en souviens encore. On m’a dit « c’est une fille ».
J’ai posé ma main sur mon ventre et, à cet instant précis, j’ai su à quel point je t’aimais.
Tu es arrivée un matin de lumière. On t’a posée sur moi et je te jure que mon cœur s’est ouvert.
Tu n’étais pas un bébé. Tu étais ma fille. Ma fille. Ma fille. Ma vie.
Une reine minuscule. Une âme ancienne dans un corps de quelques minutes.
Tu m’as regardée comme si tu me reconnaissais. Comme si tu me chuchotais « je t’attendais »
Depuis, je ne marche plus comme avant. Je marche pour deux.
Avant toi, je disais « oui » quand tout mon corps disait « non », je baissais les yeux, je m’excusais d’exister. J’avais appris à être aimable, arrangeante, consolante, conciliante.
Depuis toi, et ton regard sur moi, j’ai désappris. Je n’avais pas envie de ça pour toi.
Je te voulais libre. Et pour cela, il fallait que je le sois aussi.
J’aimerais que tu sois faite de vents et d’histoires. J’aimerais que tu croies que les pierres ont une mémoire. J’aimerais que tu tombes amoureuse d’une chanson, d’une ville, d’un auteur, d’une fleur.
J’aimerais que tu écrives des lettres d’amour que tu laisserais jaunir dans tes tiroirs. J’aimerais que tu collectionnes les jolis souvenirs comme des trésors. J’aimerais que tu pleures pour un film, pour un chien perdu, pour une vieille dame qui marche seule.
J’aimerais que tu aimes ce que tu es : tes lunes, tes marrées, tes colères, tes éclats de rires.
J’aimerais que tu danses quand tu as mal, que tu chantes quand tu as peur. J’aimerais que tu quittes les tables où le respect et la considération ne sont plus servis.
Tu as un cœur immense ma fille. Et ce cœur-là, il ne faudra pas l’enfermer. Juste le protéger.
On va te dire que les filles qui savent, qui peuvent, qui vont ; on va te dire que ces filles-là finissent seules.
Moi, je te dirais que ces filles-là possèdent en elles-mêmes la meilleure des meilleures compagnies.
Je ne te souhaite pas le prince charmant. Je te souhaite des voyages en trains, des joues qui rougissent, des regards que l’amour fait baisser. Je te souhaite des tempêtes qui te grandissent lorsqu’elles te traversent.
Tu n’es pas née de moi, ma fille. Tu es née à travers moi. Tu m’as éveillée au monde.
Ce monde, dangereux et magnifique à la fois. Ce monde fait pour toi.
Va ma fille, mon amour. L’histoire commence.
Voici un bracelet doré. Il ne fait pas de bruit mais il a la couleur du soleil. Celle du jour où tu es née.
Ce bracelet n’est pas une chaîne, c’est un ancrage. Une racine fine et dorée, pas pour briller. Pour te rappeler du trésor que tu es en train de devenir.
