J’ai rencontré l’homme de ma vie.
Posté le 18/09/2026
J’ai rencontré l’homme de ma vie.
Spoiler : j’étais pas prête.
Spoiler 2 : c’est pas une histoire Instagram avec un mec qui pose un genou à terre.
C’était un jeudi à 10h11 devant le rayon pain aux noix, chez Monoprix.
Tenue du jour : sweat qui a connu la guerre et cheveux style « j’ai dormi dans les ronces ».
Je fixe l’étagère à pains, désespérément vide. A deux doigts de chialer pour du pain aux noix.
Et là, j’entends derrière moi :
Lui : « y’en a plus ! »
Moi : « merci Sherlock ! J’avais remarqué »
Je me retourne. C’est pas Bradley Cooper. C’est mieux. C’est un mec normal.
Pull moche, cernes, pas rasé. Il tient dans ses mains un filet d’oranges.
Moi : « vous draguez toutes les filles au rayons pains ? »
Lui : « seulement celles qui fixent un rayon vide pendant plus de trois minutes. C’est mon genre. Les passionnées. »
Moi : « ok, dexter… »
Lui : « on boit un café ?
Moi : « je ne bois pas de café avec des inconnus qui achètent des oranges en filet »
Lui : « c’est juste pour faire croire que je mange sain. En vrai, je me nourris que de pâtes et de regrets ».
J’éclate de rire. Le rire bizarre. Celui qui fait peur aux enfants de moins de six ans.
Moi : « ok pour le café. Mais je vous préviens. Je sors d’une relation avec un Julien qui faisait du padel et qui m’a ghostée parce que j’ai osé piquer son chargeur. »
Lui : « Moi, mon ex m’a quitté pour un mec qui fait des vidéos tiktok où il peint des jantes. »
Il me sourit. Il a une dent un peu de travers. Ça y est. J’ai rencontré l’homme de ma vie.
Trois mois plus tard, il y a sa brosse à dents à côté de la mienne. Alignées comme les danseuses du Bolchoï.
Moi, imperturbable, avec mon masque vert à l’argile.
Lui qui me regarde, amoureux.
Moi : « tu me trouves bizarre avec toute cette boue sur la tronche ? »
Lui : « non, y’a pire. Un jour, Ma sœur a fait un masque au curcuma. Ell est restée jaune pendant cinq jours. Tout le monde l’appelait Homer Simpson. »
On s’assoit par terre parce que canapé est plein de ce linge propre qu’on ne range jamais.
Il sort de sa poche le ticket de caisse monoprix. Dessus, il y a écrit « filet d’oranges ».
Lui : « ça c’est notre premier contrat de mariage. »
Je les regarde tous les deux, lui et sa dent un peu de travers.
On est restés là, assis par terre, à rire comme deux imbéciles, avec un ticket de caisse en guise de promesse de mariage.
C’est ça, un homme bien. Pas un sauveur, pas un pansement, pas le prince charmant. Juste un mec qui sourit quand mon masque à l’argile me donne des faux airs de shrek.
Et si vous n’avez pas de ticket de caisse sous la main… On peut vous proposer cela.
